Le Paratonnerre

La tech expliquée, les pièges signalés

Le wifi ne porte pas à travers les murs porteurs

Avatar de Ludivine Charpiat

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Changer trois fois de box pour un wifi qui reste faible dans une seule pièce ne résout rien tant que le vrai obstacle n’est pas identifié : ce n’est presque jamais l’appareil qui pose problème, c’est souvent un mur porteur placé entre lui et la pièce concernée.

Deux fréquences, deux comportements très différents

Une box moderne diffuse généralement deux réseaux distincts, l’un sur la bande des 2,4 GHz, l’autre sur la bande des 5 GHz, même lorsqu’ils portent le même nom visible sur les appareils. La bande des 2,4 GHz porte plus loin mais transporte moins de données à la fois ; la bande des 5 GHz transporte davantage de données mais résiste beaucoup moins bien aux obstacles rencontrés sur son chemin.

« Plus la fréquence d’une onde radio est élevée, plus sa portée à travers les obstacles physiques tend à diminuer, les ondes de plus haute fréquence étant davantage absorbées par les matériaux denses. » — d’après l’article Wi-Fi de Wikipédia

Cette règle physique explique un phénomène que beaucoup constatent sans le comprendre : le wifi fonctionne parfaitement dans le salon où se trouve la box, faiblit dans la chambre voisine séparée par une simple cloison, puis disparaît presque totalement dans une pièce séparée par un mur porteur en béton ou en pierre, matériaux nettement plus denses qu’une cloison de plâtre.

La cloison n’est pas toujours si transparente

Toutes les cloisons ne se valent pas non plus. Une simple cloison en plaques de plâtre sur ossature métallique laisse largement passer le signal, mais l’ossature elle-même, faite de montants en acier régulièrement espacés, introduit une atténuation modeste que l’on retrouve rarement mentionnée. Une cloison en carreaux de plâtre plein, plus dense, freine déjà davantage le signal qu’une cloison sur ossature, sans pour autant s’approcher de l’effet d’un mur porteur. Entre ces deux extrêmes, la nature exacte des matériaux traversés explique une bonne partie des écarts de réception observés d’une pièce à l’autre d’un même logement.

Le béton armé, l’obstacle le plus radical

Un mur porteur en béton armé contient une armature métallique qui agit presque comme un bouclier contre les ondes radio, bien plus qu’un mur en briques ou en parpaings pleins. Dans les logements anciens à murs épais en pierre, l’humidité contenue dans la maçonnerie ajoute encore à cette atténuation. Aucun réglage logiciel de la box ne peut compenser entièrement cet obstacle physique : le signal doit contourner le mur, pas seulement le traverser plus fort.

Ce qui améliore réellement la situation

  • Positionner la box dans un lieu central du logement plutôt que dans une entrée excentrée, quand le câblage le permet
  • Utiliser la bande des 2,4 GHz plutôt que celle des 5 GHz pour les pièces éloignées ou séparées par un mur épais, quitte à perdre un peu de débit
  • Ajouter un répéteur ou un système à plusieurs bornes, placé avant le mur qui pose problème et non après, pour relayer le signal plutôt que de tenter de le percer plus fort

Le répéteur seul contre le système à plusieurs bornes

Un simple répéteur wifi capte le signal existant puis le retransmet, ce qui rallonge sa portée mais divise généralement en deux son débit disponible au passage, puisque le répéteur doit à la fois recevoir et réémettre sur la même bande. Un système à plusieurs bornes, pensé pour couvrir un logement entier, communique différemment entre ses éléments, souvent sur une bande dédiée invisible pour les appareils du foyer, ce qui évite cette perte de moitié. Pour un logement traversé par un seul mur porteur gênant, un répéteur bien placé suffit largement ; pour un logement sur plusieurs niveaux avec plusieurs murs épais, un système à plusieurs bornes règle la question plus durablement.

Un diagnostic avant tout changement d’équipement

Avant de conclure qu’un équipement est en cause ou de vouloir le remplacer, il vaut mieux cartographier mentalement le trajet du signal entre la box et la pièce concernée : un mur porteur sur ce trajet explique à lui seul une grande partie des zones mortes que l’on attribue trop vite à une box défaillante. Ce diagnostic, gratuit et rapide, évite souvent un achat inutile pour un problème que seul un repositionnement ou un répéteur bien placé peut réellement résoudre.


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